NOVILLE et ses écoles


Avant-propos     Histoire de noville et de ses écoles     Quelques Récits     Liste des anciens     Remerciements     Coordonnées


Avant-propos

NOVILLE ET SES ECOLES

Petit livre jaune édité pour la première fois par le comité des parents des écoles de Foy-Recogne et Noville, à l'occasion de l'inauguration officielle du nouveau complexe scolaire de Noville, le 23 avril 1988

QUELLE ECOLE ?

Dans l'Antiquité, l'école n'intéressait qu'une très faible minorité de la population enfantine, l'énorme majorité (plus de 90%) des non-privilégiés étant obligée de travailler continuellement pour subsister. Au fur et à mesure que les progrès de la science et de la technique ont libéré les homnes des tâches nécessaires ou utiles à leur vie matérielle, l'école a pu se développer et s'adresser à toutes les couches de la population. Ce n'est cependant qu'au dix-neuvième siècle que les pédagogues réclameront d'une manière quasi unanime un enseignement gratuit pour tous.
Lorsque l'enseignement primaire devint une nécessité sociale du monde économique (l'ouvrier doit savoir lire et calculer pour être efficace), il s'opposa à l'intérêt des familles populaires: l'enfant représentait une valeur économique dont on se privait difficilement.
En Belgique, on a voté la loi rendant l'enseignement primaire obligatoire de 6 à 14 ans en 1914 (Loi Poullet) et elle est effectivement entrée en application après la première Guerre Mondiale. I1 apparaît nettement à l'analyse des registres de fréquentation de l'époque que dans nos classes rurales, durant de longues années encore, les élèves suivent les cours de manière très épisodique (école surchargée en hiver et très peu fréquentée lorsque le travail agricole le demande). La modernisation de l'agriculture va libérer la main-d'oeuvre enfantine qui ne sera bientôt plus utilisée qu'aux périodes cruciales: semailles, plantation des pommes de terre, fenaison, arrachage des pommes de terre et des betteraves, battage... Ces congés saisonniers ont aujourd'hui disparu.
Chez les peuples primitifs obligés de travailler constamment pour survivre, la tâche éducative fait partie de la vie quotidienne, le loisir qui rend l'école possible n'existe pour personne. Pourtant, oserions-nous affirmer que ces gens, vivant en harmonie avec leur milieu, sont moins cultivés que nous? Bien sûr, ils ont moins de connaissances mais si nous acceptons la définition qu'Alain donne de la culture ("Etre cultivé c'est, en chaque ordre, remonter à la source et boire dans le creux de sa main, non point dans une coupe empruntée."), ce n'est plus aussi évident. I1 convient donc de ne pas confondre éducation et culture.
Education = développement collectif imposé par la société à l'enfant pour favoriser son intégration et ainsi assurer sa stabilité et sa continuité, c'est donc un phénomène d'hérédité voire d'immobilisme. Bernard Shaw par ironie disait: "L'éducation est la défense organisée des adultes contre les enfants."
Culture = acte individuel et conscient de l'esprit, de l'individu qui s'applique aux réalités de la civilisation pour porter sur elle un jugement de valeur, c'est donc un phénomène de variation et de mutation.
L'idéal de l'éducation démocratique est la primauté de la personne humaine en dehors de tout privilège de race, de naissance, de classe, de fortune, de sexe, de religion... Cette éducation est placée sous le signe de la solidarité, de la collaboration substituant au travail individuel générateur d'égoïsme, de rivalité et d'isolement,le travail collectif réalisant une tâche commune utilisant la diversité individuelle des moyens. Si nous habituons nos enfants à obéir à des ordres, à exéceter des tâches commandées, et si nous ne parvenons pas à leur donner cette confiance en eux qui leur permettra d'agir et de penser par eux-mêmes, il nous sera presque impossible d'en faire des adultes responsables et capables d'oeuvrer en vue d'une société plus humaine.
Cultiver un enfant, en faire un adulte capable de participer activement à la société de demain, c'est lui apprendre ou plutôt l'aider à conquérir son milieu. Au lieu de fournir toutes préparées les connaissances et les techniques de l'action et de la pensée, il faut permettre à l'enfant de les conquérir par son propre effort et son expérience personnelle (Donner des "trucs" n'est-ce pas tout simplement empêcher de réfléchir et de comprendre?). Toute leçon, toute activité éducationnelle, doit donc être organisée comme un problème significatif pour l'élève et doit provoquer en lui un processus de recherche et de découverte par lequel il s'efforce de vaincre une difficulté, de répondre à une interrogation, de satisfaire une curiosité. Cette procédure a toutes les chances de former des individus libres, tolérants et responsables, capables tous ensemble et dans la solidarité d'une ambition commune de construire un avenir où chaque homme aura le droit d'être lui-même et la possibilité d'être heureux.
Joseph HARTMAN

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Histoire

HISTOIRE DE NOVILLE ET DE SES ECOLES


Origine du village de Noville, IIe et IIIe siècles

Typiquement ardennais, le village est implanté sur le versant sud-ouest d'un plateau vallonné à une altitude de 477 m.
L'origine du village remonte à la période romaine dont íl fut une centurie, c'est-à-díre une entité à la fois politique, militaire et administrative. La centurie était placée sous l'autorité d'un centurion; des militaires y venaient, veillaient et s'exerçaient au métier des armes. L'intendance de cette centurie était formée de Bassins d'approvisionnement et de combats, dispersés dans d'autres lieux alentours. Des manants, sous surveillance militaire, cultivaient la terre et élevaient des troupeaux.
La centurie était reliée au camp romain de Cologne par une chaussée, dont l'encaissement, formé par de grandes pierres plates, émerge encore de terre ci et là entre Noville et Michamps. Jusque peu avant la guerre 14-18, cette ancienne chaussée était empruntée par des processions de pélerins allemands qui, partant de Cologne, se rendaient à Saint-Hubert où on y honorait, à la basilique, le saint du même nom.
Villa romaine:

A l'endroit dénommê "Aux magiets" (maceriae = ruines) situé à la limite des communes de Longvilly et Noville, à environ 1400 m. au sud-est de la voie romaine, en empruntant le "chemin des morts" qui va de Michamps à Noville, a été découvert en 1953-1954, lors de recherches effectuées par les soins du Service des fouilles de l'Etat, les ruines d'une villa agricole romaine, de type fort simple.
Résumons le compte rendu de M. Roosens, paru dans le bulletin des musées royaux d'art et d'histoire (1955):
La fouille a révélé un bâtiment, construit sur un plan que l'on peut qualifier de rectangulaire, mesurant 24,60 m. de long sur 12,30 m. de large, dont l'axe longitudinal était exposé au sud-sud-est.
En général, les fondations du bâtiment étaient encore bien en place. Les murs apparaissaient déjà entre 10 et 20 cm. sous la surface; ils étaient parfois conservés sur une profondeur de 70 cm. L'assise consistait en un lit de pierrailles de 70 à 75 cm. de large sur une hauteur de quelques 25 cm., sur lequel était placé, dans le sens de la longueur, et seulement du côté intérieur, une dalle de schiste. Ce soubassement supportait le mur proprement dit, large de 65 cm., composé de dalles de schiste, reliées par une terre battue noirâtre. Les murs intérieurs avaient des assises de dalles posées à plat.
Les occupants disposaient donc de cinq places et d'une cave. Il se pourrait toutefois que les pièces E et D étaient destinées à des fins professionnelles et les pièces A, B et C à des fins résidentielles.


Comme matériau de construction, c'est essentiellement la dalle de schiste qui fut employée. Les pierres étaient soigneusement appareillées, face taillée, pour autant que possible vers l'extérieur, et assemblées au moyen d'une terre battue assez dure, faisant fonction de mortier.
Le toit était recouvert d'ardoises, car il fut retrouvé quantité d'ardoises trouées.
Ce bâtiment, construit apparemment d'un seul jet et d'après un plan préétabli, auquel on n'a constaté ni transformations ni ajoutes, fut démoli par suite d'un incendie. En effet, une couche de cendres recouvrait les ruines, plus spécialement les pavements, preuve certaine que les habitants n'ont pas cherché à remettre leur demeure en état.
On ne trouve plus trace, actuellement, des fouilles effectuées à cet endroit. Le propriétaire a cultivé à nouveau son terrain.
Trouvailles: C'était la vaisselle la mieux représentée dans cette villa. Des masses de tessons de cruches rouges, grandes et petites, y furent trouvées. La pâte est fine, un peu sableuse et recouverte d'un engobe lisse; d'autres fragments de goulot de cruche en terre blanche, très cuite et rugueuse, un autre en terre beige et rugueuse, décoré d'un bourrelet à incisions. Des fragments d'assiettes de forme assez commune, de gobelets noirs, des objets en métal, deux objets en fer, trois en bronze, deux petites meules en pierre volcanique, une petite meule entière en grès...
IXe SIECLE
Très ancienne paroisse, vers 893, elle était une possession de l'abbaye de Prüm, tout comme Mabompré, Boeur, Tavigny, mais elle passa, vers le IXe siècle, entre les mains des familles seigneuriales de Noville.

XIIe ET XIVe SIECLE

"1342, mardi 9 avril. Jehan, sire de Jemeppe, chevalier, déclare avoir repris en fief et en hommage du roi de Bohême et comte de Luxembourg, la maison et la forteresse de Noville avec dépendances, ainsi que plusieurs francs-alleux. Ces biens lui sont échus par le décès de Thomas de Noville, chevalier, père de Catherine, sa femme. Le fief de Noville relève du Château de la Roche, et peut valoir chacun an dix livrées de terre petits tournois, un vieil gros pour 15 tournois. Berthoul Dockiere, prévót de la Roche a apposé son sceau (A.)."
De ce château, on peut, dans une cave du village, retrouver l'entrée d'un souterrain qui pourrait trouver sa sortie dans les bois de Recogne, non loin du lieu-dit "Saint Gaussai".

1304

Le nom du village devient Nouville.

1340

Le nom devient Nova Villa (=Nouvelle métairie).

1579

Date du premier acte des Registres paroissiaux, sans désignation de jours ni de mois. L'église fut plusieurs fois détruite et reconstruite. Elle n'aurait alors pas été située à l'emplacement actuel.

1602

L'église fut brûlée par les Hollandais qui ont fait bien des ravages dans Ia prévôté de Bastogne.

1764 - 1767

Noville compte douze maisons, víngt laboureurs, deux personnes du deuxiême ordre, une du troisième ordre, un maréchal, trois nobles et trois membres du clergé séculier.

AN III (1795)

Le village appartient au Canton de Houffalize, département des forêts.

AN V (1797)

Le village appartient au Canton de Bastogne.

AN VIII (1800)

Le village appartient à l'arrondissement communal de Neufchâteau.

AN X (1802)

Par la loi du 15 ventôse, AN X (6 mars 1802), la commune de Noville, canton de Bastogne, comprend les villages de Arloncourt, Bourcy et moulin, Cobru et Wez, Foy, Michamps, Noville, Oubourcy, Recogne et Vaux.

1821

Noville compte 78 habitants.

1840

Une route royale était construite, de Bastogne à Houffalize. Elle traversait toute la commune dans sa plus grande longueur, du midi au nord. Les sections étaient reliées entre elles par des chemins vicinaux.
A l'aide de mines, on extrayait les pierres de la carrière de "Faysoul". Elles étaient remontées du fond dans des brouettes et chargées dans des tombereaux pour être conduites le long des routes. Sur place, des équipes de casseurs de cailloux, debout, à genoux ou assis, cassaient la pierre avec des masses. Avec la dernière massette de forme ovoïde, ils arrivaient à concasser totalement ces pierres.
A cette époque, plusieurs équipes flamandes sont venues casser des pierres sur les routes d'Ardenne. Avant la seconde guerre, on pouvait toujours voir des traces de leur passage, par exemple sur l'ancienne boîte aux lettres de la maison communale, où on retrouvait l'inscription "BRIEVENBUS" et sur les panneaux annonçant la ligne de chemin de fer avant Michamps, l'inscription "BUITEN". D'autres équipes flamandes étaient "planteurs d'arbres". Ils ont bordé notre grand-route de frênes ou de sorbiers. Au moment de la tenderie, ces sorbiers étaient mis en adjudication et les intéressés réservaient des arbres pour en cueillir les sorbes qui servaient d'appât aux oiseaux.


Sur le petit chemin reliant la route de Houffalize et la route de Bourcy, derrière chez Braquet, un bâtiment faisait office d'école. M. Pascal Lenfant (1825-1917) y enseigna plusieurs années à des classes peu fréquentées en été et très conséquentes en hiver (jusque 99 élèves). Tous les enfants de la paroisse (Cobru, Fagnoux, Foy, Noville, Recogne et Vaux) venaient à Noville.

1868


Noville possède un bâtiment d'école communale comprenant un local pour garçons et un pour filles, avec logement des maîtres et le secrétariat communal.
M. Pascal Lenfant fut probablement le premier instituteur.

1874

Une nouvelle église de style néo-gothique en "croix latine" fut construite en remplacement de l'ancienne, incendiée par les troupes hollandaises. L'église a été construite en grès du pays et couverte de schistes de la région. Son clocher, surmonté de la croix où trône traditionnellement le coq-girouette, s'élevait à 32 m. de haut.

De la première église, fort humble, il subsistait toujours, entourée de l'ancien cimetière du village (environ 4000âmes), l'abside qui fut aménagée en calvaire-reposoir.
L'église êtait vaste car elle devait accueillir, sur de longs prie-dieu, à la fois les paroissiens du village et ceux des quatre autres sections englobées dans le territoire de la paroisse de Noville.


1875
Le village de Foy possède son école communale.

1879 - 1884

C'est l'époque de la guerre scolaire catholique-libérale (Loi Bara). A ce moment, dans de petites maisons, chez Blaise et chez Dassenois, il y eut des classes clandestines. On se cachait pour ne pas attirer l'attention des autorités communales. M. Joseph Didier, un de ces hommes un peu plus instruits, enseigna quelques années dans ces conditions. I1 existera ensuite une école libre sur le chemin du bois "A coû do bwès". L'institutrice de l'époque était mademoiselle Jeanne.


1880 - LA DISTRIBUTION D'EAU

Noville possède sa distribution d'eau, dite à l'époque "Sectionnaire", ce qui voulait dire qu'elle appartenait aux gens du village. Ils ont donc creusé eux-mêmes les tranchées et payé tout le matériel nécessaire. La quotepart de chacun était proportionnelle à ses revenus et, pour une ancienne famille de Noville, l'intervention était à l'époque de 2000 francs. Les sources et le captage étaient situés au lieu-dit "Grand-Vivier" et l'eau arrivait au village par gravité, tout simplement. La conduite principale était en fonte et les tuyaux de raccordement en plomb. Cette conduite n'a pas été enterrée à grande profondeur car, il y a quelques années, elle était encore visible à "l'Arcade", à l'endroit où elle traversait le ruisseau. De toutes façons, elle n'a jamais gelé car les points d'eau situés dans le village restaient complètement ouverts durant tout l'hiver, ce qui provoquait de très jolis monticules de glace.
Lorsque la laiterie fut construite, la distribution ne fut plus suffisante pendant l'été. La laiterie dut donc prendre en charge les frais de recherche et de réalisation d'un nouveau captage.

1884 - LA LIGNE DE CHEMIN DE FER

Depuis 1869, une ligne de chemin de fer relie Bastogne à Libramont. En 1882, il est prévu qu'une nouvelle ligne, reliant Bastogne à Gouvy, passera par Noville. Un groupe de tardigrades et le conseil communal vont faire obstacle au passage d'une voie ferrée dans leur village, sous le prétexte que les trains bruyants effrayeraient, voire écraseraient, l'une ou l'autre bête de leurs troupeaux de moutons. La ligne fut donc installée à Bourcy et les obtus, mais aussi les autres, furent astreints, pendant longtemps et par tous les temps, à faire à pied 4 km. aller et 4 km. retour chaque fois qu'ils devaient rejoindre ou quitter la gare de desserte.

1890 - LA LAITERIE

Cette coopérative laitière, fréquemment désignée "notre laiterie" ("noss lait'rie"), a été l'objet, encore dans les limbes, de nombreuses controverses et tractations, et davantage encore d'appréhensions quant à son avenir. Finalement cependant, elle fut réalisée grâce surtout à la volonté des fermières de l'endroit qui souhaitaient toutes l'allègement de leurs tâches quotidiennes, dont n'étaient pas les moindres la récolte et surtout le traitement du lait, un produit délicat, réclamant beaucoup de soins attentifs.
Elles avaient entendu parler (les bavardages des commères servent à quelque chose) d'une invention qui datait, disait-on, de la fin du siècle précédent (1888) mais qui entre-temps avait déjà été perfectionnée. Il s'agissait d'une écrémeuse centrifuge (déjà surnommée "la turbine") qui séparait mécaniquement la crème (plus légère) du lait.
Baptisée "EXCELSIOR" par le curé du village, elle fut installée, avant tout en fonction de sa destination utilitaire, en bordure de la route principale, en direction de Houffalize. Appelé à prendre le relais des agriculteurs qui avaient été les chevilles ouvrières de la gestation d'"EXCELSIOR", Mr Joseph Didier fut désigné comme directeur de la coopérative.
Les premiers fonds avaient été avancés bénévolement par les fondateurs, mais bien sûr complétés par un emprunt fait chez le notaire et ensuite, pour pouvoir terminer les travaux, par la souscription de "parts" au prorata du nombre de vaches détenues par chacun des fermiers coopérateurs. En 1910 (Exposition universelle), lors d'un concours organisé par les "Halles aux criées" de la capitale, auxquelles "EXCELSIOR" fournissait le beurre en surplus aux besoins régionaux, elle reçut les palmes d'un premier prix avec diplôme et médaille.
La coopérative continua sur sa lancée jusqu'en mai 1940. La réglementation de guerre l'obligea alors à cesser ses activités, les fournitures de lait et de crème devant être faites exclusivement à une laiterie et à une beurrerie agréées. Elle fut détruite lors de l'offensive allemande Von Rundstedt de 1944-1945 et jamais reconstruite.

1890 - 1895

Un nouvel instituteur, M. Quoilin, originaire de Dochamps et nommé par le conseil communal, était un cultivateur en marge, un sylviculteur occasionnel. Son épouse Adrienne, enfant du village, lui avait apporté un héritage de quelques terres et de quelques parcelles boisées. I1 avait un cheval, une charrette, quelques vaches, une petite basse-cour et des ruches. I1 enseigna à Noville jusqu'en 1921.


1899

L'installation de captage et de distribution d'eau avait connu ses heures de gloire. Les conduites ayant subi plusieurs dégâts à cause du gel et les fondateurs ne pouvant plus subvenir à tous les frais d'entretien, la commune reprit en charge cette installation. Un règlement fut décidé par le conseil communal le 29 juin 1899. Cette installation fonctionnera jusqu'à la mise en service de la nouvelle distribution, alimentée par le barrage de Nisramont. Pour ceux qui l'ont encore savourée, cette eau était très saine, très ferrugineuse, avec un goût de marais car la conduite principale passant dans les terrains fangeux laissait s'infiltrer des eaux vaseuses.


1900

Voici le village qui était chef-lieu de la commune, avec son église, la placette et les écoles, l'épicerie-mercerie; en fait, le centre d'intérêt, sinon d'attractions, pour l'ensemble des villages de la commune. Une route, mal entretenue, s'en va vers Liège, bordée de frênes (les feuilles seront ramassées pour les tisanes) et de sorbiers (les sorbes seront cueillies pour servir, en automne, d'appât pour la tenderie aux grives). La double bordure d'arbres guidera hommes et charrois, dans les remblais et déblais de la route, dans les fondrières, les épaisses couches de neige et les congères.
Depuis le 15 mars 1776, date de la création d'un service de poste et de messagerie sur toute l'étendue du Duché de Luxembourg, les diligences circulaient sur nos routes les plus importantes. Echelonnés le long de ces routes, des relais permettaient aux postillons de changer de chevaux. A cette époque, Arlon-Liège se faisait en treize heures, par beau temps. La malle quittait Arlon vers six heures du soir, traversait Bastogne à dix heures, Noville à onze heures, Houffalize à minuit, pour atteindre Liège à sept heures du matin. Cette diligence, que certains appelaient "La patache", était surmontée d'une bâche gonflée de bagages, colis et paquets de toutes sortes, attelée de deux chevaux, parfois quatre et même cinq. Elle roulait en moyenne à 10 ou 12 km/h. Dans les longues côtes, chacun mettait pied à terre pour alléger la charge des chevaux ou simplement pour se dégourdir les jambes. Les taxes perçues à des barriêres fixes étaient proportionnelles au nombre de chevaux et de roues du véhicule. Ces attelages pittoresques disparurent au fur et à mesure de la construction des chemins de fer.


1903



1905 - 1906

L'école libre, située rue du Bois, a dû cesser faute de moyens. Comme il existait une école communale à Noville et une â Foy, les faibles subsides qu'elle avait lui furent supprimés.
Mademoiselle Noirhomme enseigna à Noville de 1906 à 1912.


1912

Mademoiselle Marthe (Soulier?) succède à mademoiselle Noirhomme.

1913

I1 ne se passe qu'une seule année et mademoiselle Marthe est remplacée par mademoiselle Julie.
A l'église paroissiale, le long de la grand route également, fut adjoint un nouveau presbytère, "demeure du curé", construit aussi en moellons de grès du pays, et avec toit d'ardoises, entouré d'un grand jardin à la fois décoratif et utilitaire.


1914

La loi imposant l'obligation scolaire aux enfants de 6 à 14 ans entre en vigueur.

1914 - 1918

La nuit du 31 juillet au ler août fut une nuit mémorable. La paix et le calme des villages furent troublés par de fiévreuses sonneries de cloches, appelant nos soldats pour aller défendre notre sol. Environ 400.000 soldats allemands vont défiler à Noville, à pied ou à cheval. Des réquisitions de chevaux, ou d'écuries pour les loger, eurent lieu, mais la population n'en fut pas tellement atteinte. Malgré la guerre, les écoles continuèrent et c'est alors que, sur décision du conseil communal, trois religieuses arrivérent à Noville: soeur St Ferdinand, institutrice primaire pour les filles, soeur St Jules, institutrice gardienne (classe qui allait ouvrir ses portes) et soeur Eugénie pour la cuisine et autres besognes ménagères.
Au coin de la route du Bois et de la grand-route existait depuis la fin du siècle dernier une ancienne ferme avec bergerie. Joseph Collette, "Joseph do Caporal" l'avait aménagée en café universel et magasin d'alimentation. Cet homme un peu paresseux dut vendre pour cause de mauvaises affaires et partit pour Bruxelles où il devint "huissier". C'est donc dans ce bâtiment qu'une première école gardienne débuta en 1914-1915 avec soeur St Jules.


L'ECLAIRAGE PAR L'ELECTRICITE

Chaque village avait sa source d'eau, captée ou non, qui en était sa raison d'être. Une seule rivière, "L'Arcade" (officiellement le Wée), arrose Noville. Elle fut longtemps la seule force motrice naturelle actionnant moulin à eau, scierie et tannerie. Après un parcours de quelques kilomètres dans un paysage de plus en plus sauvage, "l'Arcode", grossie de ses affluents, se déverse dans l'Ourthe orientale.
Tout au long de son cours, par des dérivations imposées par 1'homme, la rivière alimente des étangs à truite ou, jadis, des réservoirs régulateurs d'approvisionnement en eau des moulins, exceptionnellement à Vaux une turbine avec dynamo productrice d'électricité. L'eau ainsi accumulée et amenée sur de grandes roues à aubes, devenait motrice de la machinerie des moulins à grain (Vaux), des moulins à écorces (mouture d'écorces de bouleaux et de chênes, séchée en tanin, assurant le tannage des cuirs à Cobru), des scieries pour grumes de bois (Cobru).
Pendant la guerre 14-18, Maxime Braquet, un homme ayant beaucoup voyagé et à l'esprit inventif, voulut rendre service à ses concitoyens dans le besoin. A cette époque, on manquait de sources habituelles d'éclairage (huile, pétrole, acétylène, carbure, bougies...). Cet homme prit l'initiative, à ses seuls frais et responsabilités, d'installer une turbine au moulin de Vaux, actionnant une dynamo (110 volts continu), et d'y raccorder les villages de Vaux et de Noville. Des poteaux de bois avec fils et isolateurs furent installés le long du vieux chemin qui passe par "la croix", pour relier les deux villages. I1 installa un fil supplémentaire car, habitant Noville, il communiquait par téléphone.
Les ampoules de l'époque avaient une puissance de 5 watts et une redevance était perçue en fonction du nombre de lampes. A 21 heures, une "petite clignette" (petite coupure de courant) annonçait qu'il fallait préparer les bougies ou autres quinquets, le courant allant être coupé dans quelques minutes.
La réussite ne fut que partielle et momentanée, car il fallait beaucoup d'eau (1 mètre-cube/sec), le matériel de guerre, utilisé pour la production de l'électricité, son transport (fils) et son stockage (batteries) était désuet. Il y eut aussi beaucoup d'ennuis administratifs pour le passage en surplomb des chemins par des fils électriques. C'est ainsi qu'en 1922, l'installation fut arrêtée et il fallut attendre 1929 pour retrouver le confort de l'éclairage électrique, alors assuré par la Comardenne.

1921

Pour un an, M. Colla succède à M. Quoilin.

1922

M. Lutgen remplace M. Colla.


1925

L'ancien presbytère ayant son entrée route de Bourcy, a servi de local de ravitaillement officiel pendant la guerre. Une partie servait de salle de théâtre, l'autre partie fut aménagëe en êcole gardienne où soeur Híldefonce enseigna pendant dix ans. Cette école fut supprimée en 1935, faute d'êlèves. C'est aussi en 1925 que soeur Rose reprit les travaux ménagers de la petíte communauté, jusqu'alors assurés par soeur Eugénie.


Un élève des années 30 raconte quelques souvenirs de l'école de Noville lorsque M. Lutgen y enseignait:
"En automne, au début de l'année scolaire, lorsque le temps le permettait, nous nous promenions dans les bois. Nous faisions des greffes et nous en consultions les rësultats l'année suivante. Je me souviens que celles d'un pommier avaient donné deux ou trois petites pommes. Nous en étions tous ravis.
L'hiver, M. Lutgen, à I'aide d'un projecteur à lampe électrique, nous passait des vues (photographies reproduites sur verre) de grandes villes telles que Tournai (sa cathédrale), Bruxelles (le Palais Royal) ou de nos Ardennes. Pour les adultes, M. Lutgen avait préparé un cours du soir. C'est ainsi que, autour d'un bon feu, éclairés par un quinquet, les grandes personnes étaient initiées à la dictée, à la rédaction, aux problèmes de calcul. Tous ces adultes, munis de leur ardoise et de leur touche, étaient fiers de pouvoir, à leur âge, apprendre ou approfondir leurs connaissances, grâce à un enseignant attentionné. L'hiver était aussi la saison du théâtre. M. Lutgen s'est activement occupé de la troupe de Noville. Il y remplissait la fonction de metteur en scène.
Avec la venue du printemps, nous allions visiter, par groupes de trois ou quatre, les ruches de monsieur le maître. Il nous expliquait soigneusement la vie interne de ces petites habitations.
Durant les vacances, un aveugle guidé par un domestique nous passait des films à l'aide d'un appareil à carbure. Les jeunes du village en parcouraient les rues en annonçant le programme: "Laurel et Hardy", "Charlot"...


Vers la fin des années 20, M. Lutgen épousa une fille du village."
Une fois par an, la classe quittait Noville pour le plat pays. C'était un des sommets de l'année scolaire.
Très tôt le matin, tous les gamins en âge d'école primaire retrouvaient en classe leur instituteur, M. Lutgen. C'était le grand jour, le jour de l'excursion à Anvers. Ensemble, ils allaient marcher 4 km. pour prendre le train de 6h30 à Bourcy. A Libramont, il fallait changer et prendre un train spécial pour les écoles, appelé à l'époque "train radio". Le premier wagon, muni d'une radio, transmettait par haut-parleur les renseignements et commentaires dans les wagons suivants. Après Namur, Bruxelles et enfin Anvers, ils allaient toute la journée visiter le zoo et le port. Le soir, le retour se faisait par le "train radio", le petit train de Libramont à Bourcy en passant par Bastogne, et une seconde marche de 4 km. Ils rentraient chez eux, fatigués mais contents de leur premier grand voyage.


SEPTEMBRE 1925

Déployant toutes ses forces, l'armée belge organisa cette année de grandes manoeuvres dans toute l'Ardenne. Sur le dessus de Noville, à gauche en montant vers Bourcy, fut aménagé un terrain d'aviation. Pendant plusieurs mois, une douzaine de majestueux biplans y décollaient et atterrissaient plusieurs fois par jour.
Comme poste d'observation, on amena un immense ballon captif, avec nacelle pouvant contenir plusieurs hommes. Ce ballon était accroché à un tracteur "LACTIL", mais à cause des fils téléphoniques reliant Noville à Bourcy, il fallut passer par Rachamps.
L'armée possédait déjà la radio, principalement pour les informations météorologiques. Quand on annonçait de grands vents, à l'aide du treuil adapté sur le tracteur, le ballon était redescendu et solidement amarré au sol.
Le soir, tous les officiers et la plupart des soldats rentraient au village où les habitants les hébergeaient.

1940 - 1945

Le 10 mai 1940, vers 5h30, un avion survola la région à basse altitude, lançant des tracts en français et en wallon. Ces tracts promettaient monts et merveilles en cas de reddition immédiate, mais se terminaient sur un ton menaçant: "Nos chars vos sprôt'chront, dins vos trôs". Mais les chasseurs ardennais étaient prêts à résister. Nous ne nous attarderons pas sur cette invasion; signalons toutefois que Noville n'eût pas à souffrir de cette avance rapide. Plusieurs jeunes gens ainsi que quelques familles prirent la fuite, mais beaucoup d'entre eux ne tardèrent pas à rentrer.
Tout comme en 14-18, les cloches de l'église furent à nouveau réquisitionnées et enlevées par l'ennemi.
Le 10 septembre 1944, précédés par des résistants, les premiers fantassins américains firent leur entrée dans la ville de Bastogne et, sans s'arrêter, continuèrent vers Houffalize en passant par Noville.
Durant ces quatre dures années, les écoles continuèrent, sous la direction de M. Lutgen pour les garçons et de soeur St Ferdinand pour les filles, aidée dans cette tâche par soeur Théodora, qui arriva à Noville en 1940.
Hélas, trois mois plus tard, le vent d'allégresse allait subitement se retourner en une formidable rafale de dévastation; toute la région allait être broyée. Le 18 décembre, le groupe blindé Desobry gagnait Noville pour barrer la route de Bourcy. Le 19 décembre au matin, le major Desobry avait déjà dû faire face à la première attaque entre Bourcy et Noville. De nombreux combats se déroulèrent dans ce secteur. Après une lutte de vingt quatre heures, malgré les renforts, son acharnement et un combat héroïque contre les chars allemands arrivant de trois côtés (Vaux, Houffalize et Bourcy), le groupe Desobry, inférieur en nombre et en matériel, commença une pénible retraite vers Foy. Desobry était venu à Noville avec quinze blindés; il lui en restait quatre. I1 avait perdu treize officiers et deux cent treize hommes, mais la 2ème Panzer avait été bloquée un jour entier.
Pour les habitants de Noville, le calvaire ne faisait que commencer; il allait durer trente jours... Les combattants de la 2ème Panzer division qui pénétrèrent dans le village, le 20 décembre après-midi, furent suivis par un commando de représailles qui reprocha aux habitants leur attitude lors de la libération en septembre. Seize hommes furent arrêtés le lendemain, huit d'entre eux furent fusillés vers midi, sans que la moindre accusation ait pû être retenue contre eux. La commission des crimes de guerre êtablit en 1945 que les assassins étaient de nationalité française. Ce détachement quitta Noville pour Foy et Vaux et se dirigea vers Houffalize, jalonnant son chemin de nouveaux assassinats.
Au cours de cette offensive Von Rundstedt, qui dura jusqu'au 15 janvier 1945, le village de Noville, considéré comme un point stratégique par les belligérants, fut pris et repris successivement cinq fois par les armées en présence.
Les bombardements détruisirent complètement le village. Il n'y avait plus d'église ni de presbytère; toutes les tombes du cimetière, ou à peu près, furent éventrées; maison communale, écoles, habitations, tout avait été saccagé dans la tourmente.
L'école des garçons était complètement détruite et celle des filles, fort chancelante. Après enlèvement des décombres et pose d'une toiture provisoire, dès avril 1945, soeur St Ferdinand rassembla tous les enfants, garçons et filles, et recommença à enseigner. Avec environ 80 élèves, elle dut se résigner à donner cours une demi-journée aux garçons et une demi-journée aux filles, jusqu'en juillet 1945.
A la rentrée de septembre, une équipe de restauration avait construit sur le terrain Collette-Marcourt un baraquement pour l'école et un pour l'église.
M. Massen enseignera dans ce baraquement de 1945 à 1953, dans des conditions tout à fait déplorables. Soeur St Ferdinand continuera à enseigner dans l'ancienne école jusqu'en 1949, date à laquelle on la détruisit totalement pour permettre, au même endroit, la construction d'un nouveau bâtiment.

1951

Tous les enfants de Vaux ne sont plus obligés de faire à pied, matin et soir, le long chemin de Noville. Ils ont maintenant leur école dans leur village. Un baraquement de chez Rollus fut aménagé en école et le conseil communal décida d'en construire une. Terminée en 1955, cette école devra fermer ses portes en 1976, à cause du nombre trop faible d'élèves et de la nouvelle législation.

1953

Le village s'est peu à peu relevé de ses ruines. La nouvelle école est enfin fonctionnelle, après bien des problèmes de toutes sortes, qui l'ont beaucoup retardée.

1954 - 1955

Une église de style d'avant-garde dans son architecture extérieure et sa décoration intérieure a été reconstruite. Mais les paroissiens, les aînés bien sûr, préféraient l'ancienne, bien plus belle: c'était la leur!
Les cloches ont été récupérées à Hambourg (Allemagne Fédérale). Après avoir tinté, pendues à des chevalets de fortune aménagés devant l'ancien baraquement qui servit d'église aux paroissiens de Noville pendant dix ans, les voilà redémontées, transportées et replacées dans leur nouveau clocher.

AOUT 1956

Pendant 42 ans, soeur St Ferdinand a enseigné aux jennes filles de Noville, Cobru et Vaux. Elle a formé trois générations. Au nom de la Commune, M. Rollus remercia la chère soeur. L'abbé Glaude fit de même au nom de la paroisse. A cet hommage fut associée soeur Théodora qui partageait la vie de prière et de travail de soeur St Ferdinand et qui ornait l'église avec tant d'amour.
Ces "bons points", toutes les filles de I'époque les ont bien connus. Un code de couleur les accompagnait: le carton était rouge, c'était très bien; rose, c'était bien; s'il était vert, c'était assez bien, mais s'il était jaune, c'était mal et il fallait quand même le faire signer par les parents!
1961
L'enseignement aux filles sera porsuivi par mademoiselle Monique Louis jusqu'en 1961. Mademoiselle Madeleine Deprez enseigne aux filles de Noville jusqu'en 1963.
1962
Grâce aux efforts conjugués de l'Administration communale et de M. l'abbé Glaude, le village de Noville possède à nouveau une école gardienne. En effet, le préau de l'école des filles vient d'être transformé provisoirement en école gardienne (il restera provisoire de 1962 à 1987!). En 1967, le préau de l'école des garçons sera, lui aussi, transformé pour acceillir une clase supplémentaire.
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Quelques Récits

LA RENTREE MILLE NEUF CENT !

Né en bonne santé, choyé par les siens, il avait vécu les premières années de son enfance sans le moindre souci ni la moindre contrariété. Mais peu avant six ans survint son premier tourment: la perspective de devoir fréquenter l'école à la rentrée prochaine. Pour dissiper ses tracas, on lui fit remarquer que son frère aîné allait déjà à l'école et qu'il s'en portait très bien.
L'on commença les préparatifs de la rentrée. Le futur écolier allait être habillé de neuf. C'était l'époque où les couturières ambulantes allaient de maison en maison et y restaient un ou plusieurs jours, le temps de confectionner les vêtements nécessaires à l'habillement de la maisonnée. La couturière qui venait chaque année allait lui fabriquer un nouveau costume. Pour le couper, elle allait utiliser comme patron le costume de son frère, que l'on avait acheté en son temps dans un magasin de confection de la bourgade voisine. On allait également lui donner des souliers neufs et un cartable de cuir. Le cordonnier du village, qui fabriquait du solide, se chargerait de réaliser cela. Que l'on soit jeune ou moins jeune, être bien habillé donne de la confiance en soi et une fière assurance. C'était bien nécessaire pour ragaillardir le petit nouveau qui allait franchir le seuil de l'école une première fois, car au fur et à mesure que la date de la rentrée s'approchait, ses appréhensions devenaient plus vives.
Le jour de la rentrée arriva. A huit heures, l'instituteur était là pour accueillir les nouveaux. Sur la liste reçue de l'autorité communale, il pointait les noms des présents. En effet, l'obligation scolaire imposait la fréquentation de l'école à tous ceux qui avaient atteint l'âge de six ans. Pour mettre à l'aise les petits nouveaux, le maître avait pour chacun un mot gentil ou un geste d'accueil.
Six pupitres maculés de taches d'encre et griffés de signes de toutes sortes par les générations précédentes avaient été réservés aux nouveaux. Ils étaient installés sous le regard direct du maître et sous sa constante vigilance. De leurs places, les nouveaux promenaient des regards étonnés sur tout ce qui les entourait dans cette classe qu'ils allaient fréquenter durant six ans. Le maître remit à chacun un crayon d'ardoise que l'on appelait une touche et un abécédaire aux feuillets écornés et maculés par les utilisateurs précédents. Il les informa de l'existence du "petit endroit" où ils pourraient se rendre en cas de besoin et il leur fit diverses recommandations.
Le temps passa vite. Dix heures sonnèrent, l'heure de la récréation de l'avant-midi. Déjà, les anciens "chefs de clans" essayaient d'attirer dans leurs groupes le plus grand nombre possible de nouveaux, pour organiser leurs jeux, leurs joutes sportives et préparer ... les futures batailles.
Adelin DIDIER et Abbé Bernard LAMBERT

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Liste des anciens
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Remerciements

La plus part de ces articles sont basés sur des récits qui nous sont parvenus, parfois au travers de plusieurs générations, peut-être déformés par le cours du temps. Nous avons été aidés par de nombreuses personnes (prêt de documents, narration d'époque...). Sans leurs secours indispensable, cette brochure n'aurait pas vu le jour. Que ces personnes trouvent ici tous nos remerciements.
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