"Il y a 50 ans ..."
l'église Saint Etienne
Construction de 1872 à 1882
Collection : Musée en Piconrue
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Les ruines de l'ancienne église après l'offensive
Collection : Famille Mostade-Conrard
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Le baraquement église, les cloches récupérées à Hambourg sont pendues à des chevalets de fortune. Septembre 1945 à aôut 1955
Collection : Famille Mostade-Conrard
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Dimanche 13 juin 1955 à 15 H
" . . . Pas de vêpres ce dimanche . . . je vous invite à venir nombreux à cette cérémonie . . . " (extrait de la feuille paroissiale de l'Abbé GLAUDE)

Collection: L'Avenir du Luxembourg
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La première pierre scellée dans le mur du clocher
Collection : Famille Lutgen-Lhoas JM.
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Pose de La première pierre (1954)
Collection : Famille Lutgen-Lhoas JM.
P1000541



Les travaux vont bon train, menés de main de maître par Louis DELSEMME
Collection : Famille Marcourt
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Août 1954 : L'édifice prend forme
Collection : Famille Lutgen-Lhoas JM.
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Automne 1954 : l'hiver peur venir . . .
Collection : Famille Solarski-de Montigny
eglise construction
Collection :
A



Février 1955 . . . On attend les menuisiers
Collection : Famille d'Hoffschmidt
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Février 1955 . . . Fière, au milieu du village, l'église attend la fin de l'hiver. Le boulanger fait sa tournée
Collection : Famille d'Hoffschmidt
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La construction de la nouvelle église
de Noville
Pêle-mêle de souvenirs recueillis auprès de Charles KÖHLER , Anatole PALIGOT & Antoinette DELSEMME - GILSON …
Les travaux de construction de la nouvelle église furent attribués aux entreprises PETIT de Bastogne pour un montant de …. C'est à Louis DELSEMME et ses hommes que Mr PETIT confia la réalisation du gros œuvre. Deux rescapés de cette équipe, Charles KOHLER et Anatole PALIGOT ont accepté de livrer en vrac quelques souvenirs…
Qui étaient -ils ?
Outre Charles et Anatole, l'équipe comptait en ses rangs Joseph LEONARD et son fils René, Marcel SCHNEDER, Alphonse DECHAMBRE et Armel PALIGOT, tous de Cobru ; Alfred et Léon GEORGES de Compogne, Jules SCHUMACKER et Victor CORTINA de Bourcy.
· Tonio , en bon italien, égayait le chantier par ses chansons et il n 'était pas rare de voir l'une ou l'autre admiratrice au pied des échafaudages, venues écouter l'artiste.
· Charles, lui, était passé maître dans l'art du sifflet. Comme il se trouvait sur son échafaudage aux cotés du patron, il se faisait souvent rabrouer par le grand Louis qui n'appréciait guère le talent de notre pinson. " Téch-tu , ès travaille ! ".
Quelques anecdotes

· Les pierres de la façade provenaient d'une carrière de Hardigny, carrière qui appartenait à Louis DELSEMME et qui fut revendue à Mr JACQUEMIN d'Houffalize. Une grande partie des matériaux étaient du réemploi (église et presbytère détruits pendant l'offensive ).
· Un mur thermo fut construit côté pluie.
· C'est Charles qui construisit la base du clocher et plus spécialement la partie du mur dans lequel fut scellé la première pierre.
· Les travaux de rejointoyage étaient confiés Armel et à Charles. Les échafaudages étaient réalisés en bois : c'étaient de grosses perches de sapin liées les unes aux autres pour les allonger. On peut imaginer la précarité du système et le "mal de l'air " des deux artistes chargés du travail, surtout lorsqu'ils étaient juchés à une hauteur de plus de 20 mètres !.
· Pour consolider le tout, sur les conseils éclairés de Charles, Louis DELSEMME fit fabriquer par Marcel EVRARD, le maître forgeron de Foy, des ferrailles bien particulières qui devaient assurer une plus grande sécurité à nos jointoyeurs équilibristes.
· A noter aussi que les seaux de mortier étaient hissés sur les échafaudages au moyen de longs cordages.
· La construction du chœur demandait un soin particulier.
Un samedi - à cette époque, on ne connaissait pas encore la semaine de 5 jours, Armel et Charles, sur leur échafaudage, assistaient de loin au mariage de Roger GIRS et de Simone FELTEN. Lorsque le cortège regagna la maison de la jeune mariée, (aujourd'hui la maison RIGAUX), Charles, qui avait emporté son pistolet d'alarme, tira quelques coups de feu en l'honneur des jeunes époux… Cinq minutes plus tard, Roger rejoignit nos deux loustics sur leurs madriers armé d'une bouteille de péket qu'ils ne consommèrent pas avec modération !.
· Heureusement, l'arrondi du mur n'en souffrit pas trop. (L'abbé GLAUDE, qui avait assisté de loin à ces libations dangereuses, tournicotait, inquiet, au pied des échafaudages, avait sans doute trouvé la prière efficace pour alerter les anges gardiens de nos intrépides maçons !.
Salaire et conditions de travail
· Le salaire horaire moyen d'un maçon était à l'époque d'environ 25 francs.
· La pause de midi (une demi heure) était encore bien souvent abrégée ; il fallait éviter que la "mâche " durcisse et devienne inutilisable.
· Louis DELSEMME possédait un monte charge : fini la corvée de l'oiseau pour monter pierres et mortier. Mais il n'était pas rare de voir le grand Louis empoigner une, voire deux pierres de taille, les poser sur son épaule et escalader les grandes échelles en bois, (fabriquées par Jules MULLER), qui pliaient dangereusement sous la charge.
L'ange gardien de Louis a souvent eu aussi des sueurs froides…
Et puis le coq chanta . . .
· A la fin des travaux, les maçons furent associés aux " shaïteux " pour montrer le nouveau coq aux habitants de la paroisse ; ils firent le tour de toutes les familles pour faire admirer le bel oiseau doré et pour recueillir les généreuses "dringuelles" qui leur permirent de faire une fête mémorable.
(Propos recueillis par Louis Galderoux - septembre 2005)